Federico Moccia : J’ai envie de toi/J’ai pas envie de donner envie de lire ce roman.

 

                Sans doute que le roman de Federico Moccia intitulé J’ai envie de toi, paru en 2007 aux éditions Calmann-Lévy, a de quoi faire envie ! Une belle couverture qui évoque « la libertà, l’amore nella bella città di Roma degli anni 60», et au dos, la mention « roman culte de toute une génération en Italie ». Cependant, il est inutile d’aller plus loin dans ce roman insipide, ennuyeux et sans intérêt : reposons-le donc et intéressons-nous à la mouche qui volette entre les rayons de la bibliothèque… cette dernière a bien plus d’intérêt !

                Le jeune rebelle Step (diminutif de Stefano) est de retour à Rome après quelques années passées en Amérique où il avait choisi de s’exiler après la mort de son ami Pollo, sa rupture d’avec Babi - son grand amour - et la découverte de l’amant de sa mère. Il retrouve tous ses amis : il est à nouveau la vedette parmi eux ! Un soir, il rencontre Gin (diminutif de Ginevra) et une grande histoire d’amour commence entre eux. Cependant, un soir, il retrouve Babi et fait l’amour avec elle. Il avoue à Gin son infidélité – qui ne se reproduira plus ! Babi est, en effet, sur le point de se marier – et la jeune fille décide de rompre, dans un premier temps, avant de sourire à nouveau à son jeune amant. Et voilà un bel happy end qu’on attendait depuis déjà plusieurs centaines de pages. Ouf !

                Car c’est qu’il est long, très long ! ce roman de Moccia ! 570 pages de scènes redondantes, inutiles, cucul-la-praline, ennuyeuses. Quand Step n’est pas avec ses amis, autour d’un verre, à ressasser des souvenirs sans intérêt, il se bagarre ou fait de la boxe. Quand il n’est pas en train de conter fleurette à une fille – Gin, la plupart du temps – il roule à toute vitesse dans les rues de Rome. De l’autre côté, il y a Gin. Elle est sportive, belle, passe à la télé, monte sur la moto de Step et vogue la galère les cheveux au vent. Bien sûr, derrière une apparence rebelle et provocante, Gin est très « fleur bleue » : Step sera son premier amant et il est celui qu’elle veut depuis toujours en rêve ! Je croyais que ce genre de personnage était très prisé des adolescents… jusque dans les années 80 ! Aujourd’hui… eh bien ! peut-être encore, il faut croire.

                Par ailleurs, le roman regorge aussi de scènes grotesques ! Un jour, Gin et Step boxent ensemble dans une salle de sport, sur un ring… et c’est long ! très long ! Tout ça pour dire qu’ils sont tous les deux rebelles, qu’ils s’accordent bien… etc. Un autre jour, Step sauve Gin des mains de quelques abrutis qui voulaient la violer… et comme récompense de cet héroïsme – il a débarrassé les studios télé dans lesquels Gin travaille de cette poignée d’enquiquineurs – on lui offre des vacances à Phuket où il se la coule douce dans un décor de carte postale… c’est tellement merveilleux que les deux amoureux décident de ne pas utiliser de contraceptif. Un autre jour, Step doit aller à l’hôpital car sa mère est mourante et il doit bien sûr se réconcilier avec elle dans les larmes et les intraveineuses.  Stop !

                Là où le lecteur reste consterné, c’est à propos de l’intérêt de ce focus sur la famille de Babi ! En effet, par moments, le roman abandonne Gin et Step pour se focaliser sur une certaine Raffaella, un certain Claudio, une certaine Daniela… les parents et la sœur de Babi, l’ex-petite amie de Step. Monsieur trompe Madame qui le découvre. Fin des haricots pour le couple. Quant à Daniela, elle tombe enceinte d’un inconnu avec lequel elle a couché alors qu’elle était sous l’emprise de la drogue, en soir, en boîte. On se demande quel rapport ces mini-histoires qui occupent une poignée de chapitres et qui s’incrustent dans le roman entretiennent avec l’intrigue principale car jamais elles ne la rejoignent. Bref, rien ne va, dans J’ai envie de toi… et surtout pas la construction de l’ensemble.

Alors, peut-être que le roman peut être sauvé par son écriture ? Aïe ! Soit, on a affaire à des dialogues sans intérêt, écrits dans le style relâché et creux qui imite les propos que nous tenons tous dans notre quotidien « – Tiens, salut ! Ça va ? – Ouais, ça va, c’est cool ». Aucun intérêt littéraire ! Soit, on a affaire à de la mauvaise poésie sentimentalo-pleurnicharde, un rien didactique et bien lourdingue. En voici quelques lignes :

                « Je sais que cela va te sembler mielleux, mais l’amour est passion, obsession, quelque chose sans lequel tu ne vis pas, et moi je te dis : jette-toi à corps perdu, trouve quelqu’un à aimer à la folie et qui t’aime de la même manière. Comment le trouver ? Bah, oublie ton cerveau et écoute ton cœur. »

              Alors, J’ai envie de toi, roman culte de toute une génération ? Disons que le livre devrait s’adresser à des préadolescents à la limite de l’analphabétisme… mais même en l’occurrence, on peut trouver mieux pour eux que cette bluette démodée et sirupeuse.



09/12/2014
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