Franz-Olivier Giesbert : L’amour est éternel… tant qu’il dure/Un plaisir éphémère… comme éternellement ils sont !

 

            « Elle court, elle court, la maladie d’amour ! ». Ainsi pourrait-on résumer le roman de FOG autrement nommé Franz-Olivier Giesbert, roman intitulé L’amour est éternel tant qu’il dure paru en 2014 aux éditions Flammarion.

Difficile de résumer – ou plutôt très facile ! Tout dépend de la précision qu’on veut apporter à l’affaire ! – un tel roman ! Tout commence au Nord du Mali : Amina, qu’on a gavée pour qu’elle devienne conforme aux désirs des hommes de ce pays, épouse Mohammed, un imam qu’elle finit par aimer. Mais un jour, tout bascule : des djihadistes assassinent toute la famille d’Amina qui décide de poursuivre sa vie en Europe. Là, elle rencontre des hommes, dont Marc qu’elle finit par quitter… et qui poursuit sa vie avec Maria… qui un jour tombe amoureuse de Willy… et ainsi de suite. Le roman nous fait donc voyager aux quatre coins du monde selon une chaine amoureuse qui aurait pu être infinie… mais qui se boucle sur Amina, qu’on retrouve à Nice : elle a retrouvé l’assassin de son premier mari et s’en est vengé… désormais maman, sa vie se poursuit auprès d’un instituteur nommé Chris.

             Avec L’amour est éternel tant qu’il dure, Franz-Olivier Giesbert s’attaque à un sujet qui est loin d’être original, mais il a su éviter les écueils du déjà lu et de l’ennui en choisissant le mode de la dérision. Car on s’amuse beaucoup en lisant ce bouquin qui comporte de nombreux défauts.

En premier lieu : la construction. Certes, Franz-Olivier Giesbert a choisi intelligemment le système de la chaine qui lui permet de changer assez rapidement d’horizon, de thème, de personnage. Après Amina, voici Marc, puis Maria, Déborah, Virginia, Jessica, etc. N’empêche que les histoires de tous ces personnages ne sont pas parfaitement gérées au niveau du ton et de la narration. C’est particulièrement sensible dans le cas d’Amina qui inaugure et referme le roman. Après un début très plaisant sur le mode du conte, Franz-Olivier Giesbert bascule dans le réalisme avec l’incursion d’un fait d’actualité : les intégristes islamiques et plus particulièrement les djihadistes. C’est qu’il a des combats à mener, notre FOG ! La lutte contre la bêtise, l’intégrisme, la défense des animaux, la dénonciation d’un capitalisme sauvage ! Et cet engagement idéologique fait bien souvent grimacer le roman, car pour faire entrer sa gueulante dans l’économie de l’ensemble, l’auteur ne se tracasse pas trop et force le récit.

            Que dire de la manière dont notre FOG national traite du très philosophique thème de l’amour ? Ne pas attendre de ce roman des révélations ou des pensées d’une grande profondeur. Certes, l’œuvre aborde différents types d’amour : l’amour conjugal, l’amour adultère, l’amour homosexuel, l’amour un peu incestueux, l’amour platonique mais… finalement tous (ou presque) reviennent au même : baiser, s’envoyer en l’air et autres parties de jambes en l’air. De souffrance ? de déception ? Il n’est pas question ici (ou très peu). Car quand une histoire s’achève, très vite, une autre démarre. Pas question de plomber l’ambiance avec des névroses et du blues à l’âme ; notre FOG célèbre l’amour comme un grand amusement dont on aurait tort de se passer.

           Et puis, il ne faut surtout pas prendre ce roman trop au sérieux. FOG a voulu nous amuser et il y a réussi ! Je vous recommande particulièrement les chapitres où Ingrid entretient une liaison orageuse et tumultueuse avec Waldemar, son beau-fils qui s’ingénie à filmer tous leurs ébats. Et pour repousser toujours plus loin les limites de sa maîtresse, Waldemar l’offre à son doberman : Brahms. La jeune femme se livre donc, non sans quelque dégoût à la zoophilie ! Bien sûr, ces chapitres servent aussi à faire passer les idées antispécistes, mais qu’ils sont drôles !

             Enfin, mention spéciale pour les talents de conteur de FOG. Si après avoir refermé depuis quelques jours ce livre, je me rends compte que j’ai déjà oublié la moitié des personnages (car finalement, ils vivent tous la même chose : des parties de jambes en l’air), il est aussi vrai que l’auteur a l’art de l’anecdote et il croque de manière drôle et tendre les petits travers mesquins et pitoyables de l’humanité. Je recommande donc ce roman à tous ceux qui vont se dorer la pilule, dans quelques semaines, sur les plages du Sud : on passe un bon moment sans se prendre la tête… et on n’oublie pas que sur la plage, l’amour facile peut se rencontrer tous les 3 ou 4 mètres ! De quoi lever quand même la tête de temps à autre !



20/06/2015
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