Guillaume Musso : Parce que je t’aime / Le lecteur ne reste pas indifférent.

         Parce que je t’aime, mais aussi parce que je te hais, parce que je souffre, parce que je te cherche, parce que… la vengeance, parce que… la culpabilité… Autant de titre qui auraient aussi bien convenus – voire mieux, peut-être pour certains – à ce roman de Guillaume Musso, parce que je t’aime, paru en 2007 aux éditions XO.

          Mark Hathaway a perdu sa petite fille Layla, disparue dans un centre commercial de Los Angeles. La douleur est trop forte : il quitte sa femme, Nicole et son travail de psychologue très en vue. Il devint SDF. Un soir, alors que Nicole, son ex-femme, est agressée dans la rue, il intervient et la sauve avant de reprendre sa vie de clochard. Pendant ce temps, la nuit de Noël, son ex-collaborateur, Connor, psychologue renommé va rencontrer trois personnes à la dérive : Allyson Harrison, riche héritière, Evie Harper, une fugueuse, et une troisième mystérieuse personne. Trois mois plus tard, on annonce à Mark que sa petite fille Layla a été retrouvée vivante à Los Angeles, exactement à l’endroit de sa disparition. C’est seul qu’il part pour la retrouver : la mère, Nicole, a mystérieusement disparue. Dans l’avion de retour, son destin croise celui d’Evie Harper et d’Allyson Harrison : ces trois personnages vont se confier, se livrer tour à tour : tous ont un lourd passé à évacuer… c’est alors que l’étrange entre en jeu : la petite Layla soutient qu’elle est morte, l’avion plonge mystérieusement sur les tours du World Trade Center… pourtant rasées depuis l’attentat ; l’avion est subitement désert… Ils vont s’écraser ! Mais oh miracle, nos trois personnages se retrouvent dans un bloc opératoire, couverts d’électrodes : c’est Connor, qui par une nouvelle technique d’activation mentale a placé ces trois comparses rencontrés la nuit de Noël en léthargie assistée afin qu’ensemble, ils remontent le temps, et puissent évacuer le monstre qui les fait tant souffrir depuis des années. Vient alors le temps du bonheur : le calme revient et nos personnages retrouvent le bonheur.

         Dans parce que je t’aime, on retrouve les trucs et les astuces, les ficelles adroitement manipulées par Guillaume Musso afin de créer suspense et rebondissements à la fin de chacun des chapitres : la technique du flash-back, celle des inconnus venus d’horizons divers, qui ne se connaissent ni d’Eve ni d’Adam, mais qui sont en réalité, sans le savoir, liés par un drame dont chacun détient une clé, celle qui manque aux autres. Bien entendu, on retrouve le personnage du psychologue très compétent mais aussi très malheureux dans sa vie personnelle ; celui de la fille paumée… Rien de bien neuf dans ce roman qui utilise toujours les mêmes ingrédients, mais différemment dosés, différemment agencés afin de proposer une nouvelle recette… de soupe, diront certains. Peut-être,
mais en attendant, c’est toujours avec délices qu’on se laisse manipuler par l’auteur qui sait maintenir le suspense et mettre en place une intrigue échevelée et disparate qui trouve progressivement sa cohérence, par petites touches, jusqu’au dénouement, clé de tout le mystère.

          Le thème central du roman tient dans le titre du best-seller de Connor : Survivre. Comment survivre lorsqu’on vit avec la souffrance, la culpabilité, la haine : autant de choses qui finissent par nous détruire, nous pousser parfois à l’irrémédiable ? Evie Harper est une fugueuse, mais en réalité, elle est à la recherche de Craig Davis, l’assassin de sa mère : il a soudoyé un médecin pour faire passer sa femme avant la mère d’Evie sur la liste des patients en attente d’une greffe du foie. C’est la vengeance que Connor veut détruire en elle afin qu’elle retrouve la paix. Allyson Harrison est une sorte de Paris Hilton qui défraye la chronique people par ses frasques toujours plus trashs : alcool, drogue, centres de désintoxication, petits amis en veux-tu en voilà, sex-tape sur internet… en réalité, elle part à la dérive depuis qu’elle a tué un petit garçon sur la route, alors qu’elle était ivre. Comment survivre à une telle culpabilité ? Et puis, il y a Mark, l’ancien collaborateur de Connor : sans sa fille, Layla, il ne vit plus : c’est dans l’avion rêvé qu’il apprendra qu’elle est morte, renversée par la voiture d’Allyson… qui l’a prise pour un garçon à cause des vêtements sportwear qu’elle portait ce jour-là. L’expérience  lui permettra de faire le deuil et de pardonner. Mais Connor, le grand psychologue si sûr de lui a aussi un talon d’Achille : enfant, dans la banlieue de Chicago, il fut victime d’une bande de voyous qui l’ont brûlé vif dans une poubelle : Connor les retrouvera… et œil pour œil, dent pour dent… sauf que les voyous ne seront pas sauvés. Parce qu’elle l’aime, Evie parviendra à faire se cicatriser le remords qui ronge Connor. Happy end ! 

           Alors, j’avoue, on adhère ou on n’adhère pas au dénouement qui résout les différentes crises de conscience des personnages : le coup du voyage à remonter le temps, les trois patients en synchronie sous les électrodes surveillées et manipulées par Connor, le coup du labo super-équipé et quelques paragraphes tout en blabla psycho-scientifique, et le tour est joué ! Tout s’explique et se résout ! Mark retrouve sa femme et lui fait un nouvel enfant, Evie renonce à sa vengeance et épouse Connor, Allyson simule un accident d’avion mortel en Amazonie pour pouvoir refaire sa vie loin des paparazzis.  Eh oui ! J’oubliais ! Le coup du soir de Noël ! C’est dans cette fameuse nuit de Noël 2006 que tout a commencé : Connor a rencontré successivement Evie, Allysson et Mark… pour une formidable expérience technico-ésotérique  hors du commun, sorte de miracle de Noël !

           Ainsi, ce roman de Guillaume Musso Parce que je t’aime peut-il être comparé à un gros pot de Nutella : une recette marque-déposée, plein de trucs indigestes dedans, mais finalement, qu’est-ce que c’est bon ! Encore !



10/01/2015
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