Vikas Swarup : Pour quelques milliards et une roupie/ Une lecture un peu pauvrette !

 

         Après le succès de Slumdog Millionnaireles aventures fabuleuses d’un indien malchanceux qui devint milliardaire - Vikas Swarup a repris les mêmes ingrédients, les mêmes ficelles, avec sans doute un peu moins de bonheur. Il publie donc, dans la même veine que l’œuvre qui l’a rendu célèbre, Pour quelques milliards et une roupie, paru aux éditons Belfond en 2014.

          La jeune Sapna Sinha travaille à Delhi comme vendeuse dans un magasin d’électroménager et le moins qu’on puisse dire, c’est que la vie n’est pas simple d’autant plus que le loyer de l’’appartement qu’elle occupe avec sa mère et sa sœur va être augmenté. C’est alors que le milliardaire Acharya entre dans sa vie. Il a repéré la jeune fille et apprécié ses qualités. Il souhaite se retirer des affaires et confier le tout à Sapna moyennant sept épreuves. Sapna accepte car si elle remporte les fameuses épreuves, alors, elle deviendrait milliardaire. Bien évidemment, la jeune fille donne entière satisfaction à Acharya qui valide, à chacune d’entre elles, une compétence indispensable à la direction d’une grande entreprise.  Reste la septième épreuve ; comme toutes les autres, elle n’est pas prévue et c’est le hasard qui la met sur la route de notre héroïne. Sapna se retrouve chez Acharya au moment où ce dernier est assassiné. La jeune fille est soupçonnée du meurtre, elle est arrêtée. Elle réussit à s’échapper et mène l’enquête. Elle découvre que celui qui manipule toutes ces aventures n’est autre que le garçon dont elle est amoureuse : Karan. Elle découvre que le jeune homme était le petit ami de sa sœur qui s’est suicidée parce que la famille refusait cet amour. Karan est animé par l’esprit de vengeance. Mais tout est bien qui finit bien : Sapna décide d’écrire des livres et de transmettre aux autres une philosophie positive de la vie. 

           On peut se laisser séduire par ce roman qui comporte des points communs avec le roman dont a été tiré le film Slumdog Millionnaire : Vikas Swarup n’a fait que reprendre les recettes qui ont fait le succès de ce précédent roman. Un personnage issu d’un milieu modeste qui entrevoit la fortune à condition de remporter un certain nombre d’épreuves.

            Bien évidemment, toutes ces épreuves sont autant d’aventures qui permettent à l’auteur de plonger son lecteur dans l’Inde d’aujourd’hui depuis le monde des actrices à succès made in Bollywood, jusqu’à celui des paysans où mariages arrangés sont souvent la règle. Cependant, je dois dire que cette petite virée dans ce pays de contrastes qu’est l’Inde est très limitée : il ne faut pas attendre de ce roman une approche consistante et critique de ce pays à la fois moderne et archaïque. Par ailleurs, le roman manque de souffle car les épreuves ont un intérêt limité : c’est qu’il paraît ici en panne d’inspiration, notre Vikas Swarup ! En effet, mise à part la première épreuve lors de laquelle Sapna permet à deux amoureux de se marier tout en déjouant une histoire de mariage arrangé et l’avant-dernière épreuve au cours de laquelle Sapna décide d’offrir à sa mère atteinte d’une insuffisance rénale, un de ses reins, tant la jeune fille est écœurée par trafic d’organes qui existe en Inde, donc, disais-je mises à part ces deux épreuves, le reste manque singulièrement de relief, d’intérêt et de consistance : par exemple, lorsque Sapna se retrouve aux prises avec une actrice capricieuse qui a perdu sa bague et que notre héroïne la retrouve, elle décide de la lui rendre : fin de l’épreuve. Quelle aventure !

           Bien évidemment, Vikas Swarup nous offre aussi un roman d’action : dans plusieurs aventures, notre héroïne doit fuir, elle est poursuivie par des méchants, elle se sauve. Mais ces passages sont parfois un peu longuets et n’apportent pas grand-chose à la consistance du roman.

         Enfin, on trouve, dans ce roman, des passages tirés par les cheveux, voire totalement inconcevables. Là-dessus, le dénouement vaut son pesant de cacahuètes. Après avoir été follement amoureuse de Karan, un voisin, qui l’a aidée dans quelques aventures, Sapna apprend de la bouche du jeune homme lui-même qu’il est gay, pour enfin découvrir qu’il l’a menée en bateau et qu’il veut se venger du suicide de la sœur de notre héroïne dont il était épris. Ainsi, derrière toutes les épreuves que Sapna doit affronter, il y avait le malfaisant Karan. Bien évidemment, il sera démasqué et mis hors d’état de nuire lors de la traditionnelle scène d’affrontement final qui l’oppose à Sapna.

          Ainsi, si le roman s’intitule Pour quelques milliards et une roupie, le lecteur, quant à lui, est très loin de s’enrichir grâce à cette lecture. Et pour de trop nombreux passages, il est à peine diverti. Ce roman est sans doute assez adapté à une lecture de plage : sur certains points, on peut le comparer aux romans de Guillaume Musso – peut-être un peu moins bien, quand même !   

 



04/07/2015
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