LECTURES VAGABONDES

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Plum Sykes : Blonde attitude/ La brune attitude.

          Une fois n’est pas coutume, je vais tresser des lauriers pour ce roman du genre « pour nous les filles » particulièrement caustique et amusant. Cet oiseau rare porte le doux titre de Blonde attitude et a été écrit par Plum Sykes ; parution en France : 2005 aux éditions Fleuve noir.

          Direction New York dans le très hype gratin des riches héritières qui hantent les soirées mondaines et les défilés de haute couture. Notre narratrice et sa meilleure amie – Julie Bergdorf – ont un petit problème pour être parfaitement dans le ton snobinard de ce milieu social : ni l’une, ni l’autre n’a un fiancé riche et beau à trimbaler à son bras pour une classe totale. Toutes deux partent donc à la conquête de l’oiseau rare. Le premier à paraître au bras de notre héroïne se prénomme Zach, un publicitaire spécialisé dans la promotion des grandes marques de vêtements. L’idylle amoureuse commence très bien mais tourne vite au fiasco : Zach se montre assez vite distant, grincheux et obnubilé par son travail. La rupture est donc inéluctable. Le second loustic s’apparenterait bien à l’homme idéal : il se prénomme Eduardo et fait partie de l’aristocratie italienne. Après avoir longtemps boudé les prétendants issus de la noblesse, notre héroïne semble, au contact d’Eduardo, être en passe de changer son fusil d’épaule. Jusqu’au jour où… elle découvre qu’Eduardo est déjà marié ! Déprimée, notre incorrigible célibataire tente de se suicider… à l’Advil ! Elle est consolée par un certain Charlie Dunlain, photographe de mode. Cet homme est aussi fiancé à Julie, sa meilleure amie. Et même si cette dernière sort aussi avec d’autres fiancés, on ne touche pas au mec des copines. D’ailleurs, au premier abord, notre héroïne déteste cet homme qui la surprend dans des moments peu sexy. Très vite, elle se met à fréquenter un certain Patrick Saxton, marié lui aussi, mais avec lequel l’avenir semble envisageable. Cependant, notre héroïne rate le rendez-vous fixé avec lui à l’aéroport et se retrouve seule… Seule ? pas si seule puisque Charlie Dunlain se trouve par hasard sur son chemin. Les deux cœurs solitaires font connaissance et ne restent pas longtemps indifférents l’un à l’autre. Et tout est bien qui finit bien. Cerise sur le gâteau : Charlie est le fameux « petit comte » que la mère de notre héroïne voulait pour gendre. Eh oui ! Charlie appartient à la noblesse anglaise. Quoi de plus classe que de devenir comtesse ?

           On remarquera que l’intrigue de Blonde attitude est simple et convenu : une nana branchée part à la recherche de l’homme idéal. Les idylles s’enchainent et se ressemblent : au départ, tout est beau et prometteur, mais très vite, la sauce vire à l’eau de boudin et notre héroïne redevient célibataire. Toutefois, l’homme idéal, il est là, sous ses yeux et elle passe à côté sans le reconnaître…. Sauf à la fin, bien sûr ! A cette intrigue convenue s’ajoutent d’autres situations stéréotypées pour ce genre de roman : les diners entre copines, les soirées hype, les voyages de rêve dans des hôtels de rêve… Rien de bien original ! Alors, pourquoi ce roman m’a-t-il particulièrement plu ?

          Si Blonde attitude ressemble au premier abord à une bluette convenue, c’est aussi un roman satirique qui permet de naviguer dans divers milieux fortunés – aristocratie, riches héritiers d’empires colossaux – et d’en faire émerger les codes et les manières pour s’en moquer. La satire la plus caustique est sans doute celle des « pauvres petites filles riches ». L’enjeu de leur vie, c’est la chasse au meilleurs partis pour un mariage inoubliable. Par ailleurs, rien n’est plus urgent que de participer aux soirées et galas incontournables dans les milieux fortunés. Le reste de leur vie, c’est le shopping dans des boutiques de luxe afin de copier le look de telle ou telle star. Bref, Plum Sykes épingle férocement les travers du monde des riches, leur superficialité, leur attachement à tous les signes distinctifs de richesse. L’ensemble est porté par une écriture dynamique, alerte et pleine d’humour.

          On l’aura compris, si Blonde attitude a tout du roman « pour nous les filles », il prend des distances ironiques avec le genre. Si le titre renvoie à la mode des cheveux blonds Bergdorf - mode lancée par Julie dans la jet set – et on sait tous ce que signifie l’expression « être blonde » en ce qui concerne les femmes - le roman, quant à lui, a tout d’une brune attitude.

 



01/10/2018
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