Claude Michelet : Les gens de Saint-Libéral - Tome 4 - La terre des Vialhe

 

           Me voici donc parvenue au terme de la saga des Gens de Saint-Libéral. Enfin ! Oui, il était temps pour Claude Michelet de mettre un point final à l’histoire de la famille Vialhe qui habite le petit village susnommé situé en Corrèze.  Ce dernier tome s’intitule donc : La terre des Vialhe et paraît en 1998 aux éditions Robert Laffont.

         Nous retrouvons donc la grande famille Vialhe en 1987-88. Dominique et sa femme Béatrice vivent désormais en Nouvelle-Calédonie où ils gèrent un grand domaine - Cagou-Creek - alors que l’île est agitée par des troubles politiques qui oppose les indépendantistes et les autres.  A Saint-Libéral, Jacques continue à exploiter le domaine familial. Mais notre homme est bien fatigué ! Une attaque cardiaque le met à terre. Il va devoir passer la main. Mais à qui ? Jean, son neveu, qui travaillait au ministère de l’agriculture, vient de jeter l’éponge pour devenir éleveur, mais c’est en Nouvelle-Calédonie, aux côtés de Dominique, qu’il s’installe avec sa nouvelle compagne : Marianne. Cependant, Dominique décide de reprendre le domaine Vialhe en Corrèze, en laissant momentanément les terres à son ami et voisin, Jean-Claude Valade.

         Cette suite et fin était-elle indispensable ? Peut-être fallait-il conclure cette histoire familiale et paysanne qui se déroule sur plus d’un siècle par une évocation de la situation actuelle qui mine l’agriculture en France, mais on ne peut dire que cette quatrième partie des gens de Saint-Libéral soit une réussite ! L’ensemble est poussif, sans inspiration et mal écrit.

        La terre des Vialhe confronte deux continents et deux manières d’envisager l’agriculture : La Nouvelle-Calédonie et la France ; d’un  côté, l’agriculture extensive et la possibilité de voir les choses en grand, de l’autre, l’agriculture de plus en plus  intensive réglementée par une lourde technocratie européenne.  C’est là le principal intérêt de ce quatrième tome, mais les choses sont appréhendées de manière superficielle. Jean rencontre une journaliste – Marianne - qui partage son point de vue sur l’état catastrophique dans lequel se trouve l’agriculture traditionnelle en France : des agriculteurs qui s’endettent et parviennent à peine à vivre de leur travail contre des technocrates qui ne connaissent rien à la terre et qui réglementent tout sans se préoccuper des conséquences désastreuses qu’entrainent leurs décisions. C’est l’occasion pour les deux personnages de discuter et de critiquer la PAC… Voilà pour le coup de gueule contre Bruxelles : tous des parasites qui n’y connaissent rien, le tout, noyé dans une romance convenue et sans âme qui se noue entre les deux personnages.

         Pour le reste, on retrouve des personnages vieillissants, rhumatisants, décrépits (Jacques, Mathilde, Yvette) face à une pléthore de jeunes qui se perdent dans les méandres de la généalogie Vialhe. Pour combler le manque d’inspiration, Claude Michelet multiplie les personnages sans intérêt : le cousin, la petite-cousine, l’arrière petit-neveu, etc… Ils vivent loin, ils n’ont plus aucun lien avec la terre… mais comme ce sont de près ou de loin des Vialhe, ils ont droit de cité dans ce quatrième tome ! On se fiche royalement de Josyane, Evelyne, Pierre, etc… qu’on ne fait que croiser, qu’on ne suit pas vraiment et qu’on ne reverra jamais.

Par ailleurs, ce tome est surtout composé d’histoires de visites qu’on se rend mutuellement : l’avocat parisien Guy rend visite à Félix pour lui demander des nouvelles de toute la famille ; Félix vient voir Jacques pour lui demander comment il va ; Josyane vient voir sa mémé Mathilde car elle s’inquiète de sa santé. Fichtre ! Pitié ! Contrepartie déplaisante de toutes ces histoires de visites des uns et des autres chez les uns et chez les autres, ce tome laisse la part belle aux dialogues très insipides et mal écrits. Exemple.

« Ils sont là ?

- Qui ?

- David et les jumeaux ?

- Non, ils avaient classe ce matin.

- Ah oui…, murmura Mathilde après un instant de réflexion, oui, l’école, ils ne sont pas en vacances. Mais alors, toi ? »   

         Stoppe-là. Inutile d’assassiner davantage ce pitoyable roman dont on aurait vraiment pu se passer, selon moi. Il est nuisible car il achève la saga sur une mauvaise note… d’ailleurs, il faut bien dire que la saga va en se détériorant et que l’avant-dernier tome détonait déjà quelque peu. Mais La terre des Vialhe obtient la palme du mauvais roman ! D’ailleurs, on ne sait ce qui a pris Claude Michelet : il reprend la plume après plus de dix ans de silence pour achever la saga des Vialhe ! On ne voit vraiment pas comment après tant de temps, on peut reprendre le fil d’une histoire qu’on a laissée de côté et qu’il n’est pas indispensable d’achever de la sorte.



14/11/2015
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