Katherine Pancol : Scarlett, si possible/ Lecture possible mais pas indispensable

        

         


           Je connais Katherine Pancol pour ses romans aux titres improbables comme : Les écureuils de Central Park sont tristes le Lundi. A son propos, on entend du bon et du moins bon. Mais c’est sans préjugés et sans à priori que je me suis lancée dans une première rencontre avec cette auteure. Le roman qui m’est tombé sous la main pour ce faire n’est pas du dernier cri : il s’agit, en effet, de Scarlett, si possible, écrit par Katherine Pancol en 1985 et paru aux éditions du Seuil.

         Nous sommes à Pithiviers, quelques mois après les événements de mai 1968. Trois jeunes filles s’apprêtent à voler de leurs propres ailes : il s’agit de Juliette, de Martine et de Bénédicte. Nos trois héroïnes ont un caractère bien marqué, mais différent. Elles viennent aussi de classes sociales diverses. La première à monter à Paris pour faire ses études, c’est Juliette. Pour gagner quelque argent, elle est embauchée chez Edmond Virtel, un entrepreneur qui commercialise du béton. Mais ce dernier en veut surtout aux fesses de son employée : il propose même à Juliette de l’entretenir. La jeune fille finira par accepter ce marché, car elle est très déçue de l’amour. Louis avec lequel elle vit une relation très charnelle, refuse de s’engager avec elle. Quant à Jean-Louis Pinson, c’est un gigolo qui n’entend pas changer de vie. Juliette finira par se marier avec un collègue de son amie Bénédicte : Jean-Marie Nizot, ex-journaliste et écrivain. Le mariage durera quelques temps. Mais Juliette finira par tout plaquer pour suivre son amie Martine à New York. Bénédicte, de son côté, veut devenir journaliste. Pour assurer sa place, elle couche avec un rédacteur confirmé du Figaro : Emile Bouchet. L’homme est très terne, mais Bénédicte finira par s’enticher de lui. Malheureusement, le journaliste plaquera la jeune fille pour s’acoquiner avec Annick Bousselain, fille d’un notable aux multiples relations. Bénédicte finira quand même par faire des reportages à la télévision et par faire aussi un beau mariage avec un fils à papa plein de morgue qui, on l’espère, la rendra heureuse (le doute est permis). Quand à Martine, elle rêve de travailler dans la publicité au pays de l’oncle Sam. En attendant, elle travaille à la Coop et tombe amoureuse d’un petit voyou nommé Richard qui la laissera tomber lorsqu’il apprendra qu’elle a l’intention de filer en Amérique. La jeune fille est prête à sacrifier ses ambitions pour lui, mais le jeune homme ne reviendra  pas. On le retrouve à Marseille où il est plus ou moins proxénète. Rien n’empêche donc Martine de s’envoler pour New York où elle joue des coudes pour se faire une place au soleil. 

           Scarlett, si possible est un roman plutôt plaisant à lire, même s’il relève d’une assez mauvaise littérature, il faut bien le dire. D’abord, l’œuvre n’est absolument pas conseillée pour le public masculin : on est en effet face à un roman « pour nous, les filles » qui se donne des apparences de roman d’initiation et de critique sociale aux relents féministes.

Tout d’abord, les trois héroïnes sont un brin stéréotypées : Juliette aime le sexe et trouve le top en la matière en la personne du très vulgaire Louis qui n’arrête pas de dire des gros mots, histoire de bien souligner qu’on est ici en plein dans une histoire de baise…. En l’occurrence, je ne vois pas ce que tous ces propos à base de bite et de chatte ont d’érotique et d’excitant. Cependant, comme toutes les fifilles qui se respectent, elle attend aussi l’amour, mais se heurte à chaque fois à des situations qui ont à voir avec le sexe : le beau Jean-Louis n’est qu’un gigolo, son patron lui fait du rentre-dedans. Martine est en apparence la plus délurée, mais tombe raide-dingue d’un bad boy : elle est donc une sorte de midinette très sentimentale. Quant à Bénédicte, elle rêve d’un prince charmant et d’un beau mariage, mais découvrira avec stupeur que l’homme qui la dégoûtait hier et auquel elle a sacrifié sa virginité contre un avenir dans la carrière de journaliste, est finalement son amour. Cependant, nos trois héroïnes ont un point commun : comme Scarlett O’Hara dans Autant en emporte le vent (qui rêve d’Ashley Wilkes mais finira dans les bras de Rhett Butler), elles seront déçues par l’homme auquel elles donnent leur cœur. Ni Louis, ni Richard, ni Emile ne se marieront avec respectivement Juliette, Martine et Bénédicte. Bref, c’est la déception en ce qui concerne l’amour.

           Le deuxième pan du roman, c’est la carrière qu’embrassent nos héroïnes : toutes ont des ambitions, mais se heurtent à un monde hostile qui fait la part belle au cul. Le mérite ? Le talent ? Les compétences ? On n’a pas l’impression que ces données entrent en ligne de compte lorsqu’il s’agit de faire carrière. Vision bien stéréotypée du monde vu par une féministe basique : le monde dans lequel évoluent les femmes est dirigé par des hommes qui ne pensent qu’à les baiser pour le plaisir, mais aussi parce qu’ainsi, ils marquent leur pouvoir. Bof. Parfois, on aimerait que ce soit si facile !

           Cependant, Si Scarlett, si possible n’est objectivement pas un bon roman, j’ai plutôt apprécié cette lecture. Katherine Pancol est dotée d’un certain sens de l’humour et d’une écriture qui ne manque pas de vivacité : on s’amuse, finalement de toutes ces petites histoires du quotidien qui arrivent à nos héroïnes et de ce monde provincial un peu collé-monté, naïf et médiocre qui s’oppose au cynisme parisien. Catherine Pancol est donc finalement pour moi une auteure plutôt à suivre… même si en ce qui la concerne, j’ai beaucoup de chemin à faire pour la rattraper !

 



25/06/2016
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